martes, 17 de noviembre de 2009

Le Loup et la Brebis

Le Loup et la Brebis,
ou de la véritable nature de l'amour*


Une ancienne légende raconte qu'il était une fois, au commencement des temps, une grande vallée fertile, paisible et avec un interminable doux temps, où des troupeaux de brevis et de loups habitaient en paix et harmonie en partageant les vastes prairies. Elle raconte aussi que tous -les loups et les brevis- étaient si semblants de forme, couleur et habitudes qu'on aurait dit qu'ils étaient de la même race.

Un jour d'été, un des loups tomba amoureux de la brevis la plus belle, sensuelle et coquette, celle qui était un peu bête mais qui était la meilleure chanteuse du troupeau. Cependant, avec autant de sophistication, elle ne pouvait pas remarquer la vénération que le loup lui avait en la regardant, en l'accompagnant au ruisseau pour éviter qu'elle glisse et qu'elle puisse tacher sa precieuse laine beige, ou toute fois qu'il dormait à côté d'elle pour lui cacher le matin le premier rayon de soleil qui l'éveille trop tôt.

Lui, il n'était pas le loup le plus beau; mais il était adroit et habile, gentil et délicat, soigneux et sensible. Elle saurait l'apprécier... bien qu'elle tout ait déjà. Certainement, il devrait l'impressionner avant lui montrer ses vraies sentiments. Mais, que pourrait-il faire pour l'émouvoir? Il décida d'être fort comme un Turc, le plus rapide, le plus agile, le plus capable: le meilleur en tout. Il passa les jours d'été à s'entraîner, il courait et sautait, il franchissait les ruisseaux, après il plongeait et, finalement, il recommençait. Il rentrait tous les jours dans le bois pour chasser des petits animaux qu'il détachait après, il dressait ses oreilles pour mieux écouter les petits bruits, lesquelles s'étirèrent, et il aiguisait ses yeux pour mieux voir les proies, lesquels augmentèrent considerablement.


Un après-midi, le loup -très fier de soi même et assez encouragé pour lui déclarer son amour- se rendit où chantaient les brebis. Le choeur arrêta et une brevis lui demanda: "-Mon Loup, que vous avez de grandes oreilles!" "-C'est pour mieux écouter, ma petite." "-Que vous avez de grands yeux!" "-C'est pour mieux voir." "-Mon Loup, que vous avez de grandes jambes!" "-C'est pour mieux courir." Sa bienaimée lui questionna aussi: "-Que vous avez de grands bras!" "-C'est pour mieux t'embrasser, ma fille." Elle éclata à rire comme une folle par une réponse tellement ridicule et le loup , désolé et plein de honte, baissa sa tête et s'en alla fort triste. Pendant toute la journée il évita les regards de l'orgueilleuse brevis qui lui avait autant deçu, voire ceux des amies du choeur lui rappelant son profond malheur.


Autant d'efforts! Que ferait-il alors? Que pourrait-il lui offrir pour l'émouvoir? Cela devrait être quelque chose de spécial, unique; mais quoi?

Il partit, comme d'habitude pendant elle chantait joyeusement, vers le bois en cherchant n'importe quoi qu'elle puisse mériter. Le soleil couchant se réflétait sur les troncs centenaires et sa couleur vermeillon se mélangeait avec la verte et le doré des feuilles des arbres qui notaient déjà la fin de l'été. Ce spectacle lui toucha le coeur et il décida offrir à son aimée ce même sentiment. Il choisit le meilleur palisandre de reflets violâtres et il creusa le sol sans repos en cherchant la meilleur racine, la plus dure et de plus forts arômes. Les griffes devînrent de plus en plus aiguisées par le travail pendant lui sagnaient. Ensuite, il n'arracha un gros morceau pour le transformer en un beau coeur, qui serait le reflet de toute la beauté de son amour. Il utilisa ses dents pendant toute la nuit, lesquelles s'aiguisèrent comme couteaux. À la fin, il se pressa pour la rencontrer à l'aube.


Le matin, elle le trouva à son côté en attendant son réveil. Doucement, il lui déclara son amour tellement répété et s'approcha d'elle pour lui donner le coeur avec ses dents. Elle éclata à rire à nouveau par son nouvel aspect négligé et lui dit: "Que vous avez de grandes dents! Et ça, qu'est-ce que c'est?". Tout de suite, elle le prit entre ses dents, le mordit et le cracha par terre. Lui, comble de rage, il ne résista plus son dédain et il se jeta sur elle en disant ces mots: "-C'est pour te manger" et la mangea.


La légende conte aussi que les nuits en pleine lune, le Loup lui chante en regrettant son affreux crime d'amour pour qu'elle descende lui pardonner. En l'écoutant, les brevis courent se cacher et frémissent épouvantées qu'un loup puisse leur aimer.


*MORALITÉ

LE DÉDAIN ET LE MÉPRIS SONT DES MAUVAIS CONSEILLERS POUR AGIR.
POURTANT C'EST PIRE L'AMOUR, QUI NOUS EMPÊCHE DE BIEN VOIR LES AUTRES TELS COMME ILS SONT, MAIS COMME NOUS LE SOUHAITONS.

M.

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